Les législateurs européens écrivent une lettre à Jeff Bezos pour lui demander si Amazon les espionne

Les législateurs de l’Union européenne ont écrit une lettre au patron d’Amazon, Jeff Bezos, pour lui demander si son entreprise embauche des agents de renseignement pour espionner les politiciens, les syndicalistes et les membres du personnel.

Rédigée par Leïla Chaibi, une femme politique française du parti La France Insoumise, la lettre a été signée par 36 députés européens (membres du Parlement européen) issus pour la plupart de partis de gauche et de partis verts de toute l’UE.

« Nous nous interrogeons sur vos intentions avec beaucoup d’inquiétude : la surveillance d’Amazon vise-t-elle intentionnellement les syndicalistes, les travailleurs d’Amazon, ainsi que les représentants politiques (dont nous-mêmes) qui pourraient éventuellement exprimer des critiques sur ses activités », peut-on lire dans la lettre.

Une lette suite à une décision de licenciement

Cette lettre fait suite à la suppression par Amazon de deux offres d’emploi d' »analystes du renseignement », qui devaient idéalement parler français et espagnol. Selon les offres d’emploi, ces postes impliquaient la surveillance de diverses menaces perçues par Amazon, notamment les syndicats et les « dirigeants politiques hostiles ».

Nous nous inquiétons de savoir si les syndicats européens, ainsi que les élus locaux, nationaux ou européens, sont affectés par cette approche de « surveillance des menaces », qui vise à réprimer les actions collectives et l’organisation syndicale », peut-on lire dans la lettre.

S’ils avaient été engagés, les analystes auraient été chargés de recueillir des informations sur les menaces internes et externes pesant sur Amazon et de communiquer ces données aux dirigeants de l’organisation.

Des emplois portant sur le renseignement

Les offres d’emploi indiquaient que les analystes seraient chargés de recueillir des renseignements sur « des sujets sensibles et hautement confidentiels, y compris les menaces d’organisation syndicale contre l’entreprise », « le financement et les activités liées aux campagnes d’entreprise (internes et externes) contre Amazon », ainsi que des briefings sur des « situations dynamiques », y compris les protestations, les crises géopolitiques et d’autres sujets « sensibles aux ressources humaines et aux relations avec les employés ».