La France menace d’exercer son véto sur les accords commerciaux du Brexit

La France a averti qu’elle pourrait opposer son veto à un accord commercial entre le Royaume-Uni et l’Union européenne si elle n’en aimait pas les termes, ce qui mettrait la pression sur l’équipe de négociation de l’UE pour qu’elle ne fasse pas d’autres concessions alors que les pourparlers atteignent leur point culminant.

La France craint pour ses intérêts économiques

Lors d’une réunion des 27 ambassadeurs de l’Union européenne mercredi, l’envoyé français a averti le négociateur en chef de Brexit, Michel Barnier, de la gravité de la situation s’il négociait un accord et que les dirigeants européens y opposaient leur veto, selon une note diplomatique de la réunion consultée par Bloomberg. Michel Barnier a détourné une demande des ambassadeurs pour voir les parties clés du texte avant qu’il ne soit terminé, certaines des personnes présentes craignant qu’il n’en donne trop et ne leur laisse trop peu de temps pour examiner l’accord.

Une fois qu’un accord est conclu, les dirigeants européens doivent l’approuver à l’unanimité pour qu’il puisse entrer en vigueur, ce qui signifie que M. Barnier doit obtenir l’adhésion de tous les États membres.

Après neuf mois de travail, les négociations ont atteint un point délicat, les fonctionnaires des deux parties affirmant qu’un accord pourrait être conclu dans les prochains jours. Pour y parvenir, des compromis inconfortables doivent encore être faits.

La France est à la tête d’un groupe de pays qui craignent que M. Barnier ne renonce à un trop grand accès aux eaux de pêche britanniques et ne revienne sur des conditions destinées à empêcher les entreprises britanniques d’obtenir un avantage concurrentiel déloyal.

Lors de la réunion à Bruxelles, au cours de laquelle M. Barnier s’est exprimé par liaison vidéo à partir des discussions de Londres, l’ambassadeur français l’a mis en garde contre de trop nombreuses concessions simplement parce que le temps manquait. La position française a été soutenue par la Belgique, les Pays-Bas et le Danemark, et plusieurs ambassadeurs ont insisté pour voir le projet de texte afin d’avoir suffisamment de temps pour l’examiner correctement.

Le dernier tour de piste de Michel Barnier

Un diplomate de l’UE a déclaré que certains pays estimaient qu’aucun accord ne serait la fin du monde car ils pourraient reprendre les négociations en 2021. Cela signifierait toutefois que les échanges avec le Royaume-Uni seraient soumis à des droits de douane et à des quotas après la fin de la période de transition post-Brexit, le 31 décembre.

M. Barnier a souligné que son rôle dans le processus devrait prendre fin cette année. Si les négociations étaient suspendues jusqu’en 2021, une nouvelle équipe devrait prendre le relais et l’UE devrait lui donner un nouveau cadre de négociation tout en se débattant avec le bouleversement d’un résultat sans accord, selon la note.

Un deuxième diplomate a déclaré que le point de vue de la France n’était pas celui de la plupart des pays de l’UE et que le briefing de M. Barnier avait pour but de calmer les nerfs à Paris.