La BCE s’attaque à la relance économique

La Banque centrale européenne est prête à étendre son programme de relance massif jeudi, alors que le continent fait face à une deuxième vague de la pandémie de coronavirus et aux blocages associés.

La BCE va soutenir l’économie dans un plan à court terme

En octobre dernier, la banque centrale de la zone euro s’était engagée à « recalibrer ses instruments » lors de sa réunion de décembre pour répondre à la situation en cours. Peu de temps après, de nouveaux confinements face au virus dans la région ont considérablement assombri les perspectives économiques, du moins à court terme, car les taux d’infection quotidiens ont augmenté. Jusqu’à présent, la BCE s’est abstenue de se montrer trop optimiste quant au déploiement des vaccins candidats, les inoculations devant probablement commencer au début de l’année prochaine 

« Les perspectives à court terme restent abyssales, et la BCE voudra rester concentrée sur les pièges à court terme jusqu’à ce qu’une fin plus claire à la pandémie soit en vue », a déclaré Anatoli Annenkov, observateur de la BCE, dans une note de recherche.

Annenkov et la Société Générale prévoient une prolongation du programme d’achat d’obligations sur jusqu’en décembre 2021, avec un total de 600 milliards d’euros supplémentaires, ainsi qu’un nouveau programme de financement pour les banques.

Alors que les vaccins pourraient bien changer la donne pour le monde entier l’année prochaine, la BCE semble pécher par excès de prudence. La banque centrale des banques centrales, la Banque des règlements internationaux (BRI), a mis en garde lundi dans son rapport trimestriel contre le risque d’une augmentation des faillites.

« Nous passons de la phase de liquidité à la phase de solvabilité de la crise », a déclaré Claudio Borio, chef du département monétaire et économique de la BRI. « Nous devrions nous attendre à davantage de faillites à l’avenir, mais les écarts de crédit sont assez faibles par rapport aux normes historiques, et en effet, alors que les banques évaluent le risque avec plus de prudence, nous ne voyons pas la même chose sur les marchés des capitaux ».

La hausse de l’euro

La hausse du taux de change euro-dollar est un autre casse-tête pour la BCE et son objectif de stimuler l’inflation. La monnaie unique a augmenté de 8 % par rapport au billet vert cette année et devrait rester forte pour l’instant. Un taux de change élevé peut freiner l’appétit pour les achats à l’étranger, ce qui pèse alors sur la croissance des prix à la consommation.

Outre la lutte immédiate contre les incendies, la BCE a donc une tâche encore plus difficile à accomplir : ramener l’inflation à son objectif, qui est proche de 2 % mais inférieur à ce chiffre.

La manière dont elle envisage l’évolution du taux d’inflation sera un autre aspect important de la réunion de jeudi. La BCE publiera ses nouvelles projections et devrait légèrement améliorer les perspectives de croissance pour l’année prochaine. Mais les projections d’inflation pourraient être légèrement révisées à la baisse.